C'est bien ce qui fascine dans ces oeuvres et n'en finit pas de séduire. Tout ce qui donne à voir sur la toile -motifs, griffures, plis, formes, couleurs...-suggère sans jamais imposer, laissant ainsi libre cours à l'imagination de celui qui contemple. L'oeil rebondit d'une forme ou d'une couleur à l'autre, s'amuse des graffiti ou s'attarde devant la minutie de certaines finitions. "Cette peinture qui procède surtout du souvenir, parle surtout au souvenir"(2). Les uns voient un je ne sais quoi de celtique"(3), certains parlent d'enluminures, d'autres de tapis indiens ou d'influence orientales, d'autres encore citent Gustav Klimt, Matisse ou Braque..."L'effet produit sur l'âme du spectateur est analogue aux moyen de l'artiste"(4) et chacun, selon ses émotions personnelles, voit resurgir comme dans un songe" les signes de ce profond monde poétique enseveli en lui"(5).

Affranchi de toute rationalité et mesure, l'art de Bruno Lassalle est merveilleux de suggestions, d'associations et de rebondissements. Animé d'une lumière intérieure, chaque tableau vibre, frémit et flotte en lui-même sans un seul point immobile, à l'image des palpitations éternelles de la nature et de la vie.


(1): Rainer Maria Rilke, lettres sur Cézanne, L'Ecole des Lettres, Ed Seuil.
(2) et (4): Charles Baudelaire, Curiosité esthétiques, L'Art romantique. Ed. Garnier.
(3): F.D. revue Femme, Beyrouth, avril 1997.
(5) Sonia Nigolian, La revue du Liban, Beyrouth le 22/02/1997.

Critique d'Isabelle Moller juin 1996

L'art de Bruno Lassalle ignore les règles et les hiérarchies que nous propose l'ordinaire. Avec une étonnante liberté, il joue des oppositions de formes et de couleurs. Il nous entraîne dans un univers poétique, dont la composition et la force s'affirment par la couleur, les contraste et la mobilité rythmique, en un espace unifié et souverainement autonome. Il nous transporte dans un monde de rêve, presque irréel et pourtant chaleureux, sensuel, exotique et étonnamment palpable. Son oeuvre nous parle de la vie, des instants de bonheur, de tendresse, de solitude ou d'ennui, qui rythment notre existence, et il semble qu'elle nous parle intimement de nous.

The art of Bruno Lassalle goes beyond the ordinary rules and hierarchies. With an amazing freedom, he opposes shapes and colours. He takes us into a poetic world where composition and strength show through colour, contrasts and rhythmic mobility, within a unified space of supreme autonomy. He takes us into a world of dreams, almost unreal and yet warm, sensual, exotic and surprisingly tangible. His works speak of life, of those moments of happiness, tenderness, loneliness or boredom that punctuate our existence, and they seem to speak intimately about us.

Galerie Aude Oumow, Saint Germain-en-laye, Juin 1996

Bruno Lassalle travaille l'acrylique sur toile et le pastel à l'huile sur carton froissé. Son oeuvre est comme un chant coloré et voluptueux. Elle séduit dés le premier regard par la somptuosité des couleurs, à la fois denses, lumineuses et volubiles. C'est que Lassalle ose des contrastes singuliers, il apprivoise les couleurs, les domine et les charge d'exprimer ses émotions devant la vie. Il les utilise pour maîtriser les lignes, les volumes, la lumière et ses transparences, l'espace enfin.
Toutes les formes sont pleines et généreuses, schématisées, traitées en surface planes et colorées; et ceci confère à la toile plus de relief que de profondeur. La lumière, elle aussi, est exprimée par un accord chatoyant de couleurs plus ou moins intenses et vibrantes. Ce traitement particulier est remarquable dans les pastels à l'huile sur carton froissé: les pliures accrochent la lumière et accentuent le caractère irisé et déjà opalescent du pastel. L'espace entier de chaque oeuvre enfin, s'organise en surfaces colorées qui jouent un rôle actif les unes envers les autres. Partout sur la toile, la couleur explose librement dans sa joyeuse plénitude.
Lassalle affectionne les motif d'étoffes ou de tapis d'influence orientale, et les éléments ornementaux de végétaux, d'arabesques, de volutes, d'entrelacs ou d'architectures imaginaires. Tous sont, dans son oeuvre, comme des leitmotivs qui semblent par moments envahir l'espace et devenir le véritable sujet des toiles. Dans chacun de ses tableaux, Lassalle mêle avec fantaisie ces thèmes abstraits à des éléments plus figuratifs- corps de femme, animaux, mobilier, etc.- qui donnent à son oeuvre un contenu narratif. Il leur accorde le même traitement pictural, n'hésitant pas ainsi à mener parfois son oeuvre aux limites de l'abstraction.
L'atmosphère musicale est présente dans chacune de ses toiles: les formes et les couleurs semblent y danser et s'y mouvoir selon un rythme à la fois continu et extrêmement souple, prêt à s'abandonner aux variations les plus insolites sans jamais rompre sa continuité.
L'art de Bruno Lassalle ignore les règles et les hiérarchies que nous propose l'ordinaire. Avec une étonnante liberté, il joue des oppositions de formes et de couleurs. Il nous entraîne dans un univers poétique, dont la composition et al force s'affirment par la couleur, les contraste et la mobilité rythmique, en un espace unifié et souverainement autonome. Il nous transporte dans un monde de rêve, presque irréel et pourtant chaleureux, sensuel, exotique et étonnamment palpable. Son oeuvre nous parle de la vie, des instants de bonheur, de tendresse, de solitude ou d'ennui, qui rythment notre existence, et il semble qu'elle nous parle intimement de nous.


Isabelle Moller, Galerie Aude Oumow- Saint Germain-en-laye, Juin 1996

Jamais il n'était mieux apparu que dans ses oeuvres récentes, à quel point la peinture de Bruno Lassalle a lieu dans les couleurs et dans "le commerce des couleurs entre elles"(1). Commençant par la tonalité la plus lumineuse, il en recouvre la toile entière. Puis sur cette profondeur de couche initiale, il gratte par endroits, déploie couleur sur couleur et, allant progressivement d'un élément du tableau à un autre, il crée une sorte de va-et-vient d'influences réciproques, de contrastes chatoyants et de jeux de correspondances entre ces formes qui lui sont chères: motifs d'étoffes, arabesques et volutes, entrelacs de végétation imaginaire et luxuriante, corps de femmes aux seins et genoux en spirale, généreux et tatoués d'ornements, etc....

Cette peinture rayonnante, qui n'est ni tout à fait figurative ni entièrement abstraite, reste inclassable. Parce que comme toujours chez Lassalle, la primauté de la couleur est d'ordre poétique et que les détails fragmentaires tirés de la réalité se fondent dans des lieux et des espaces qui sont purement imaginaires, ou rendus comme tels par le traitement pictural auxquels les soumet l'artiste. Sur ses toiles et ses cartons froissés, à l'acrylique ou au pastel, Lassalle brouille les pistes du réel pour mieux nous précipiter dans l'imaginaire.

Galerie Aude Oumow, Saint Germain-en-laye, 1997
Critique d'Isabelle Moller septembre 1997

Une initiation archaïque et sensuelle

"Les dessins en craie à l'huile sur carton froissé de Bruno Lassalle sont des créations qui penchent vers les icônes totémiques......

An initiation to the archaic and the sensual

Bruno Lassalle's oil pastel drawings on crushed cardboard tend towards totemic icons.

Rich Audry, Luxembourg,1993

....L'artiste a mis sa technique au service des rêves....
....The artist has used his techniques to conjure up dreams....

Julie Carpentier

Dernières Nouvelles d'Alsace, avril 1994

....Là où la feuille plissée et nue attire le regard, la main dépose l'idée de départ, ce que l'artiste nomme le mots-clés.......
  ...While the bare crushed paper attracts the eye, the artist's hand expresses the idea of departure, what he calls the key-word....

Claude-Georges Mallet, 1993

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....On ne serait rester insensible à cette belle mobilité qui, d'une pièce à l'autre traverse une oeuvre dont la cohérence est évidente.....

....It is impossible to remain untouched by the spirited mobility that informs every drawing in a collection that is so clearly coherent.....

Gabriel Andrès,1993

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..le peintre extériorise une mythologie simple et positive signifiée par les symboles récurrents de la femme, de la maison, inscrits dans une composition où la perspective est ramenée au plan du tableau.....

....The painter expresses a simple, positive mythology with his recurrent themes of the woman and the house, within a composition whose perspective is brought forward to the front of the image...

Florence Faucon, Quartiers d'Art, Asnières 1995

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..... La femme callipyge de Bruno Lassalle relève d'une autre civilisation, celle des odalisques et de Matisse peut-être.

.....The ample rumps of Bruno Lassalle's women belong to some other civilisation, perhaps the world of Matisse and odalisques.

Julie Carpentier, DernièresNouvelles d'Alsace, février 1996

Des métaphores plastiques nouvelles qui nous troublent comme seuls peuvent le faire tous les signes qui font allusion à ce profond monde poétique enseveli en nous, tel une seconde nature.

His imaginative plastic metaphors are disconcerting, as is any sign that alludes to the poetic world buried deep within us, like a second nature.

Sonia Nigolian, La Revue du Liban, Beyrouth le 22/02/97

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Dans cet univers qui lui est propre, la femme est intensément présente avec toute la fécondité des Vénus préhistoriques, et ses graffitis prennent possession de leurs corps comme de la matière du tableau.

In this world of his, woman takes pride of place with all the fecundity of a prehistoric Venus, and his graffiti take possession of her body to make it the substance of the painting. Perhaps that is why there are so few images of men.

F. D., revue Femme Magazine, Beyrouth avril 1997

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Un artiste qui nous offre du beau, du grand, du véritable rêve.......

An artist who offers us beauty, grandeur, true dreams.......

Femme du 02/97, Liban

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Les corps sans tête ornés d'arabesques sont pour Lassalle un leitmotiv. Leur présence donne à l'oeuvre une dimension spirituelle.

Headless bodies decorated with arabesques are a leitmotiv with Lassalle. They give his work a spiritual dimension.

M.L., Magazine du 21/02/97, Liban

Créations et questions sur papier
Je découvre au fur et à mesure un carton froissé, torturé, retendu avec ses plis, rides et nervures où l'oeil du peintre retrouve des formes latentes, préexistantes, comme ébauchées. "Mais parlons de l'artiste. D'abord, Un autodidacte aux instincts sûrs,indépendant, suivant sa voie. Biologiste entre autres mais surtout,peintre depuis plus de vingt ans, mêlant musique et moments picturaux.Un je ne sais quoi de celtique dans ses femmes aux formes amples et harmonieuses évoluant langoureusement dans ses fonds enluminés avec des spirales en lieu et place de seins et de genoux, des entrelacs répétitifs. Il dit: "Chacun a ses outils, ses instruments; dans un premier temps, je me fais plaisir en créant, mais chaque jour, chaque oeuvre est une remise en question, une éternelle jeunesse, un renouveau. Je suis peintre, mais vais-je pouvoir mettre des couleurs? "Le vide" papier que la blancheur défend", disait Mallarmé.- un élément qui change et fait ricochet sur le reste. La peinture me transporte, m'appelle à venir." A un grand-père chaudronnier, il a emprunté les instruments qui lui servent à asticoter, griffer et mordre dans le carton, à l'image de ces écoliers qui laissaient leur pupitre labouré de toutes sortes de graffitis. Il saute d'une toile à une autre, un détail le menant à un autre tableau, un symbole l'entraînant ailleurs. Et, dans ce processus, un besoin de concentration intense, qu'il ne faut surtout pas déranger. Il a peint sa première toile à 16 ans.

"Lieux de mémoire"
Maintenant, dit-il, je prends beaucoup plus de recul, mon attention est plus forte. Je parle de "1ieux de mémoire" que l'on fait ressurgir" une certaine image proustienne qui est le reflet non pas d'un certain regret mais d'un certain bonheur, tel ce week-end entre amis qu'il fixe pour toujours. Un élément-symbole donne d'emblée le ton du tableau, la clef de la construction. Bruno travaille par association, liant des lieux à des êtres aimés. "Je ne prépare rien, je rentre dans ma peinture" avec tout son bagage de souvenirs, de visages, de sourires, de sentiments, d'images. La technique? Sur un fond rendu pareil à la pierre (il ne peut souffrir le poli, le lisse), une couche de jaune lumineux qu'il recouvre de couleurs riches et sombres à la fois. Cette première étape achevée, il attaque en profondeur avec ses outils, dégageant avant tout la lumière. Effet visionnaire du tableau comme éclairé par l'intérieur. Vitrail. Il travaille à la lumière artificielle qui jamais ne varie, et donne sa préférence au pastel et à l'acrylique. Dans cet univers qui lui est propre, la femme est intensément présente avec toute la fécondité des Vénus préhistoriques, et ses graffitis prennent possession de leurs corps comme de la matière du tableau. Est-ce pour cette raison que l'homme est peu représenté?
F. D. revue Femme Magazine n° 48, avril 1997

par Marc Hérissé
....Lassalle sait parfaitement faire se télescoper abstraction et figuration. Il ose heurter les chromatismes, et pourtant on se sent heureux près de cette peinture.

....Lassalle has a perfect command of the junction between abstraction and representation. He takes risks with colour, and yet his paintings are a happy experience.

La Gazette (de l'Hôtel Drouot),n°7, 16 février 1996

par Pierre Kremer-1993

.... Il transpose l'abstraction traditionnelle de l'art arabe et la stylisation extrême de l'Afrique noire en un langage volontairement relâché, débraillé propre à un Alechinsky.....

....He has taken the traditional abstraction of Arabic art and the extreme stylisation of Black Africa and turned them into a deliberately uncontrolled and unpolished language, like that of Alechinsky.....


Un univers poétique et gai

Bruno Lassalle fait se télescoper abstraction et figuration. L'artiste part d'un élément-symbole, donnant le ton du tableau, et progresse par association d'idées. Il joue des oppositions de formes et de couleurs en mêlant signes symboliques, aplats irréguliers, corps, objets, animaux. Ces formes s'entrelacent sur la toile dans une danse chamarrée. Pour l'artiste, c'est dans le déséquilibre que se manifeste la vie.

Valérie Auriel -Artistes Magazine n°136-novembre 2008